mardi 23 décembre 2014

45 - Déceptions langagières

Depuis que je suis toute petite, j'accorde beaucoup d'importance à la parole. Même quand elle n'est pas formellement donnée ni présentée comme sérieuse.
Par exemple, si mon fils casse quelque chose que je pense pouvoir réparer, je lui dis toujours que je vais tenter de le réparer - et non pas que je vais le réparer, des fois que j'échoue - et je tente effectivement de le réparer, le plus rapidement possible compte tenu de mes autres contraintes. Il me semblerait inconcevable de lui dire que je vais faire quelque chose et de ne pas le faire.
Pareillement, j'ai le plus grand mal à mentir. C'est l'une des raisons pour lesquelles je ne fais pas croire au Père Noël à mes enfants. De fait, je mens par omission, puisque j'évite tout simplement d'en parler, et que je ne dis rien quand son éducatrice ou les autres enfants en parlent - tout simplement, parce que, même si je ne veux pas leur mentir, je ne veux pas non plus qu'ils soient les petits malins qui font la leçon aux autres en leur disant que le Père Noël n'existe pas... Je passe donc le vieux bonhomme sous silence.
Malheureusement pour moi, j'ai tendance à penser que les gens sont comme moi et accordent autant d'importance à ce qu'ils disent.
Je me suis quand même habituée à ce quand mon conjoint dit, par exemple, «je vais faire une machine», ça ne veuille finalement dire que «il y a du lavage à faire» - c'est donc moi qui finis par m'en occuper dans le 3/4 des cas, puisqu'il a une sérieuse tendance à procrastiner et à oublier quand il s'agit des tâches ménagères. Au début, je pestais intérieurement contre ce que je considérais comme un manque de respect de sa parole. Maintenant, je ne lui en veux plus, même si je trouve tannant qu'il fasse semblant de vouloir se charger de quelque chose qu'il n'a pas probablement pas vraiment l'intention de faire...
Par contre, avec les autres, j'ai encore beaucoup de misère. Et je vis horriblement mal la parole donnée «en l'air». Et j'ai beau me répéter que les gens ne sont pas comme moi, que la plupart du temps, ils parlent sans réellement penser ce qu'ils disent, il suffit que je me rende compte qu'ils ont «menti» pour en éprouver une vive déception.
Le pire est sans doute que j'ai vraiment du mal à me dire que ce n'est pas grave, que les gens sont comme ça, que c'est moi qui suis une exception. Et pour peu que ce que les gens ont dit ait la moindre importance à mes yeux, le sentiment de déception, voire de trahison, devient vite accablant et je ne sais pas quoi faire pour réduire ma peine pour des choses qui semblent sans doute bénignes aux yeux du reste de l'humanité...

lundi 15 décembre 2014

44 - Lights, motor, action!

Ce mois-ci, le thème de la photo, décor de film, choisi par Alexinparis, ne m'inspirait guère, je l'avoue. Pourtant, j'aime le cinéma, et j'ai une certaine propension à tout transformer en décor possible de film de Tarkovski. Je vois facilement le potentiel poétique d'un pan de mur, d'une vieille station de métro abandonnée ou d'un paysage d'automne. Par contre, le traduire en photo, je ne sais pas. J'aurais aimé avoir le talent de traduire une pensée par un cliché, mais je manque considérablement d'entrainement - et d'un bon appareil, il faut bien le dire.

Je me suis néanmoins repenchée, une fois de plus, dans mes photos du Grand Nord. En avais-je qui étaient susceptibles d'évoquer les grands espaces qui siéent si bien aux road movies à l'américaine, tout en respectant l'étrange atmosphère de ces paysages si spéciaux? Et je suis retombée sur celle-ci. Quoi de mieux qu'un road movie qui se terminerait, justement, là où la route elle-même se termine?


The end (of the road).

 Et les autres, quel cinéma nous font-ils?

A'icha, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexinparis, Amy, Anne, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Blue Edel, Brindille, Calamonique, Cara, Champagne, Chat bleu, Chloé, Christophe, Cocazzz, Crearine, Cricriyom from Paris, Cécile Atch'oum, Céline in Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Destination Montréal, Dr. CaSo, E, El Padawan, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, Homeos-tasie, Isa de fromSide2Side, Isa ToutSimplement, Isaquarel, Josette, Julia, Kantu, Kenza, KK-huète En Bretannie, Krn, La Dum, La Fille de l'Air, La Nantaise à Paris, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Laurie, Lavandine, Lavandine83, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Loulou, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mahlyn, Mamysoren, Maria Graphia, Marie, Marion, Marmotte, MauriceMonAmour, Memories from anywhere, Milla la galerie, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, MyLittleRoad, Nanouk, Nicky, Philae, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Salon de Thé, Sandrine, Sylvie, Tambour Major, Tataflo, Testinaute, Thalie, Tofashionandbeyond, Tuxana, Utopique-Lily, Vanilla, Voyager en photo, Wolverine, Woocares, Xoliv', Yoppappop, Yvette la Chouette, Zaza.

vendredi 12 décembre 2014

43 - c'est Noel, c'est Noel!

Quand j'étais petite, j'aimais bien Nouwel, parce que ça rimait avec cadeau. Puis l'adolescence est passée par là, et j'ai tout de suite trouvé ça carrément ringard. Heureusement que mes sœurs et moi en profitions pour délirer, ce sont quand même de bons souvenirs.
Une fois adulte, autant être honnête, Nouwel ne me faisait pas plus d'effet qu'une couverture en plein été, surtout que mon homme vient d'une famille où la principale tradition semble être de se disputer pendant le repas du réveillon...
Mais depuis la naissance du Prophète, je me plais à renouer avec l'esprit de Nouwel. J'achète donc des calendriers de l'avent et un arbre que nous décorons en famille (Fleur y a mis sa contribution pour la première fois, le Prophète étant quant à lui un vieil expert), je pends une guirlande autour de l'énorme fenêtre de notre salon et j'essaye chaque année d'enrichir un peu ma collection de décorations - jusqu'au jour ultime où j'atteindrai le rêve final: le petit train électrique tout décoré pour la saison. J'en rêve si je veux!
J'aime aussi magasiner pour la famille, choisir de beaux cadeaux pour mes oursons sur les listes maman-zone que nous échangeons avec mes sœurs pour l'occasion, imaginer les têtes amusées de tout ce beau monde lorsqu'ils déballeront leurs cadeaux.
Cette année, j'avoue que la période est un peu plus dure que d'habitude : je me traine une grosse bedaine qui me handicape un peu, mon homme est relativement absent et se fiche de toute façon de Noël, et comme nous n'avons pas de 2e voiture, je ne peux guère aller faire les magasins. Ajoutez mes propres frustrations dues à la grossesse et à toutes les contraintes culinaires qui l'accompagnent (je me demande bien ce qu'on va manger le 25!), et je ne suis qu'à moitié dedans...
Le Prophète lui, en revanche, est à fond: il allume l'arbre et la guirlande tous les matins et ne rate jamais l'occasion de réclamer son chocolat après souper. Il attend avec impatience ses cadeaux. Quant à Fleur, elle ne comprend pas encore ce qui se passe - elle n'avait que 6-7 mois lors de son premier Noël - mais, fidèle à son habitude, copie l'enthousiasme de son frère.
J'ai bien hâte de la voir le matin du 25, tiens, quand elle comprendra à quoi rime toute cette attente! Je me souviens encore de la tête du Prophète à son premier Noël et de ses rands yeux étonnés quand il a découvert la pile de cadeaux qui l'attendait...