jeudi 31 juillet 2014

30 - La photo de truc sauvage

La photo de truc, ça se passe sur le blog de Dr Caso. Ce mois-ci, le thème était choisi par Cl@ude: photographiez-moi un truc sauvage.

J'ai hésité à prendre sauvage en son sens étymologique, "habitant de la forêt" et à envoyer une photo de ce genre là :

Intérieur d'une maison longue huronne, Wendake

Mais comme je n'en ai trouvé aucune dont la qualité me plaise, j'ai opté pour un bon souvenir de Kuujjuaq, la migration des caribous qui descendent vers le Sud à l'automne :

Horde de caribous

Cet été, j'espère prendre d'autres photos de sauvageries, puisque nous descendons quelques jours dans le Bas du Fleuve/Gaspésie, et que j'ai promis au Prophète d'aller voir les baleines - ce qu'il attend avec une impatience non dissimulée...

Les autres photos sont ici.

lundi 28 juillet 2014

29 - Le bonheur d'être mère

Quand j'étais petite, je voulais être maman. Et puis l'adolescence, Alien et les idées anticonformistes sont passées par là, et je n'ai plus voulu être mère.
Le temps passant, l'envie est lentement revenue, mais j'ai mis du temps à trouver un papa, et le papa n'était pas pressé, il m'a fallu attendre encore...

Et puis, juste en revenant du Nord, une bonne nouvelle est arrivée : j'étais enceinte d'un Prophète. Contrairement à beaucoup de femmes, je n'ai pas eu de relation fusionnelle avec ce petit être à venir. Il a toujours été quelqu'un d'autre, presque un intrus en moi. La grossesse était un mal nécessaire, je n'avais qu'une hâte, celle de le rencontrer.
Et puis, il est arrivé, petit être remuant plein de charme. J'ai rapidement compris à quel point être mère était un défi au quotidien, entre les contraintes pratiques et les défis de l'éducation. Mais j'ai découvert tout le plaisir qu'il y a à voir grandir un enfant et à découvrir sa personnalité au fur et à mesure qu'elle s'affirme.

Un an et demi plus tard, nous avons eu envie d'un deuxième bébé, et je suis tombée enceinte d'une petite Fleur. Ça tombait bien, nous avions envie d'une fille. Au plaisir de la voir grandir s'est ajouté le plaisir de voir cette belle relation frère-soeur* s'épanouir - car nous avons une chance inouïe : pour l'instant, ces deux là s'apprécient clairement (et adorent se tirer mutuellement la pipe, on n'est pas rendus).



Nous avons tellement de plaisir à les voir grandir, évoluer, s'affirmer que nous avons décidé de remettre ça. On verra ce que ça donne!

* Mon correcteur d'orthographe me propose de remplacer frère-soeur par souffre-douleur. Freud, au secours!

mercredi 23 juillet 2014

28 - Je m'ennuie du Nord


Je m'ennuie du Nord.
Je m'ennuie de ces terres arides et désolées où l'homme n'est pas le bienvenu.
Je m'ennuie des ces paysages granitiques écrasés par les grands glaciers, il y a des millénaires de cela, et où seules nos propres limites arrêtent le regard.
Je m'ennuie de l'eau cristalline. Il parait qu'à Pingualuit, on peut voir jusqu'à 37 m de profondeur.
Je m'ennuie de ces arbres rachitiques qui cèdent petit à petit à petit la place à la toundra. Au-delà de cette limite, votre forêt n'est plus viable.
Je m'ennuie des troupeaux de caribous qui traversent la toundra en automne.
Je m'ennuie du hurlement des chiens de traineau qui répondent aux loups.
Je m'ennuie des perdrix, des bernaches et des canards qui annoncent le retour du printemps de leur cri rauque.
Je m'ennuie du craquement de la glace sur la rivière qui précède la débâcle.
Je m'ennuie de cette nature sombre et sauvage, toujours un peu menaçante. Est-ce bien prudent de sortir du village sans un fusil?
Je m'ennuie des jours d'été, longs comme un jour sans pain. Le soleil se couche-t-il vraiment, ou se contente-t-il de faire un bond derrière la ligne d'horizon?
Je m'ennuie des aurores boréales, danse énigmatique des esprits dans la nuit claire.
Je m'ennuie de la lune, si ronde, si rousse et si grosse qu'on dirait qu'elle va nous tomber dessus. Peut-être qu'en grimpant la colline, là-bas, je pourrai la toucher du doigt.
Je m'ennuie de cette vie hors du temps, hors de la réalité, hors de tout.

jeudi 17 juillet 2014

27 - Le bonheur à moins de $5

Lorsque la petite Fleur est arrivée, il nous a fallu changer le Prophète de chambre. Pour le convaincre, j'avais acheté un énorme autocollant de l'homme-araignée que j'avais collé au mur de sa future chambre. À peine était-il rentré de la garderie qu'il ne voulait plus entendre parler de sa chambre de bébé...
La petite Fleur aime beaucoup la chambre de son frère. Et depuis quelque temps, elle ne manque jamais de nous pointer l'homme-araignée du doigt. Je me suis donc dit qu'il était temps de décorer sa chambre, et, comme nous sommes tombés cette semaine sur des autocollants en promotion, ma petite Fleur a désormais des Tigrou et des Winnie au dessus de son lit (Bourriquet est allé à son frère, puisque sa peluche fétiche est un Bourriquet).


Depuis, chaque fois qu'on la couche, chaque fois qu'on la réveille, la petite Fleur nous pointe ses autocollants du doigt en faisant ttttou-ttttou, ttttou-ttttou (son frère, c'est Bourriquet, elle, c'est Tigrou, qu'elle appelle toutou, donc).
Je crois que j'ai fait une heureuse!

mardi 15 juillet 2014

26 - Theatrum Mundi

Le thème de la photo du mois étant « une entrée », j'ai réfléchi longuement avant de choisir ma photo. J'ai hésité à vous montrer des inukshuk, ces sortes de balises inuit aux usages multiples, ou l'entrée d'un des magnifiques monuments romains qui m'ont tant ravie l'automne passé. Et puis, j'ai pris conscience que ce qui m'intéressait dans le thème, c'est surtout cette notion de passage, qui suscite immanquablement en moi une certaine mélancolie.

Je devais être en cinquième année de secondaire lorsque ma professeure d'anglais nous a demandé d'apprendre la fameux monologue de As you like it :

« All the world's a stage,
And all the men and women merely players.
They have their exits and their entrances,
And one man in his time plays many parts,
His acts being seven ages. (...) »

Depuis, ce texte me hante régulièrement, et parmi ses effets surprenants, il y a le fait qu'il m'est impossible de penser entrée sans penser sortie, comme si ces deux mots ne désignaient qu'une facette d'une seule et même chose: le passage, le commencement et la fin, l'alpha et l'oméga.



Une entrée pour une dernière sortie...
Tombeaux des rois, Paphos, Chypre.

Memories from anywhere, Anne, Christophe, Pixeline, Les bonheurs d'Anne & Alex, Filamots, La Fille de l'Air, Laurent Nicolas, Frédéric, Giselle 43, Calamonique, Annick, Mimireliton, Maria Graphia, La Berlinoise, The Singapore Miminews, Ann, Lucile et Rod, El Padawan, Lavandine83, Dr. CaSo, Crearine, hibiscus, Alexinparis, Renepaulhenry, A chaque jour sa photo, La Dum, Krn, Julia, Akaieric, Claire's Blog, Cynthia, Nicky, François le Niçois, Un jour, une vie, Tataflo, Homeos-tasie, Kantu, Cécile - Une quadra, Agnès, Nie, Blogoth67, Fanfan Raccoon, Laulinea, Lau* des montagnes, Dame Skarlette, Oscara, Galinette, Sylvie, Marie, Testinaute, Alice Wonderland, BiGBuGS, Sandrine, Laurie, Ava, DelphineF, Elsa, Blue Edel, Lyonelk, La Nantaise à Paris, Cricriyom from Paris, Mamysoren, Gilsoub, Isa ToutSimplement, Eurydice, princesse Emalia, Céline in Paris, Gizeh, Cécile Atch'oum, Xoliv', MauriceMonAmour, Isa de fromSide2Side, MissCarole, Isaquarel, Pilisi, Chat bleu, Lavandine, Cara, Chloé, eSlovénie, Rythme Indigo, Mahlyn, Tuxana, Louisianne, Aude, magda627, Les Filles du Web, A'icha, KK-huète En Bretannie, Marmotte, Champagne, Josiane, Thalie, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Arwen, Woocares, Alban, The Parisienne, Philae, Bestofava, Sephiraph, Guillaume

lundi 7 juillet 2014

25 - Mon fils, ce pragmatique

Dans ma grande intelligence, juste après répondu à mon conjoint que « mais nooon, y a pas de risque avec le taille-haie, il arrête de fonctionner dès qu'on lâche la poignée », j'ai réussi à confondre mon doigt avec la haie de cèdres et à m'entailler assez sérieusement l'index de la main gauche.
Comme je pissais le sang, je me suis précipitée dans la salle de bain pour nettoyer et panser la plaie. Heureusement, celle-ci est nette et peu profonde. Il me restera probablement une belle cicatrice comme souvenir, mais c'est tout.

Bref, mon principal souci est que je réagis très mal à la vue du sang : je me retrouve généralement au bord de la perte de connaissance, avec bouffée de chaleur et sueurs froides pour accompagner le malaise.
Mais comme le pansement était maculé de sang ce matin, j'ai tout de même décidé de re-nettoyer la plaie et de vérifier son état avant d'accompagner mes deux loulous à la garderie. Je me suis ensuite immobilisée devant l'air climatisé pour reprendre contenance avant de continuer à jouer les mères modèles, ce qui bien sûr m'a valu le questionnement de mon Prophète :
- Tu fais quoi?
- Je me rafraichis un peu, j'ai failli tomber dans les pommes.
- Mais Maman, n'a pas pommes ici.

(C'est amusant, car longtemps, quand j'entendais cette expression, je m'imaginais effectivement voir tomber quelqu'un dans un tas de pommes. Les chats ne font pas des chiens.).