mercredi 18 juin 2014

24 - De la politesse

J'ai toujours trouvé un peu difficile d'être polie. Je veux dire polie juste ce qu'il faut, ni trop ni trop peu.
J'ai souvent tendance à oublier de dire bonjour ou à m'excuser 126 fois pour un rien.

Cela m'a voulu quelques désagréments dans ma vie, parce que certaines personnes se sont senties visées par mon manque de politesse. J'ai beaucoup de mal à intégrer en quoi c'est si obligatoire de se dire bonjour dès le saut du lit - personnellement, avant mon premier café, je n'ai pas tellement envie de parler à qui que ce soit - ni pourquoi c'est si mal vu de changer d'avis sur son envie de manger des patates ou pas quand le plat traine devant votre nez depuis une éternité et que vous finissez par céder à son odeur alléchante. Je ne vois franchement pas où est l'agression là-dedans.

J'ai par ailleurs tendance à adopter un mode de communication assez franc et direct. De fait, je n'ai jamais su comment fleurir ma pensée. À l'école, mes dissertations ressemblaient à « Petit un, blabla n° 1. Petit deux, blabla n° 2... ». J'ai même trouvé le moyen de me faire dire par ma prof de maths d'être plus prolixe, ce n'est pas peu dire!
Bref, faire de jolies circonvolutions, ça n'a jamais été mon truc.

Cependant, j'ai pour principe d'essayer d'offrir le meilleur service à la clientèle possible - ce qui, je le sais, n'est guère compatible avec les deux traits de caractère sus-mentionnés. C'est donc un véritable casse-tête lorsque je dois rédiger un courriel un peu délicat pour un client. Par exemple, pour lui dire que je n'accepterai pas de travailler pour moins cher, parce que j'ai déjà assez de choses sur la planche et que, dans le fond, peu m'importe qu'il m'assigne son projet ou non.

La première version du courriel donne généralement quelque chose du genre :

Cher client,

T'es gentil, mais je suis déjà très occupée, je ne vois donc pas la nécessité de baisser mes tarifs pour accepter ton projet.

Cordialement,

Là, une petite voix me dit que ça peut être vu comme sec, fortement égocentrique et légèrement malpoli, voire menaçant pour la face positive de mon client. Je me repenche donc sur ma missive.


Cher client,

Désolée, mais je suis déjà très occupée, et c'est déjà une fleur que je te fais d'accepter ton projet, alors je ne vais pas baisser mes tarifs en plus (namého).

Cordialement,

Moue. Pas vraiment moins menaçant, me dit la petite voix.


Cher client,

Je suis sincèrement désolée, mais étant très occupée pour le moment, c'est déjà une faveur que je te fais d'accepter ton projet. Je ne suis donc pas d'accord pour baisser mes tarifs, dans la mesure où je prévois de faire des heures supplémentaires pour satisfaire ta demande. J'espère que tu comprendras.

Cordialement,

(oui je tutoie mes clients, car je leur parle anglais).
Je ne sais pas si c'est vraiment mieux, mais c'est le mieux que je puisse faire, en tout cas. Et s'il n'est pas content, la prochaine fois, je lui envoie la version un ou deux, tiens.

mardi 17 juin 2014

23 - Le vilain petit canard

Petite, j'adorais le vilain petit canard, parce que je ne sentais comme le héros du conte, différente et rejetée. J'espérais secrètement un jour connaître la revanche du cygne, et briller parmi les canards.
Malheureusement, la vie n'est pas un conte de fée et je crois que je suis restée un vilain petit canard, mais j'ai appris à vivre avec.

Je découvre aujourd'hui At seventeen, une magnifique chanson de Janis Ian, qui résonne en moi comme un souvenir de mon adolescence...

dimanche 8 juin 2014

22 - Le poids des mots


C'est en traduisant une passionnante description d'un ensemble de couteaux de cuisine, qui s'adresse tant au cuisinier débutant qu'au chevronné (j'ai du mal à y croire!), que je découvre que le terme bolster se traduit par mitre dans ce contexte particulier..

Et immédiatement, j'y peux rien, mais j'image un couteau avec ça:


(il s'agit en fait des espèces de protection de métal sur le manche, à la base de la lame et à l'extrémité, à la façon des Laguiole)

vendredi 6 juin 2014

20 - Tagalog pilipilo

Depuis quelques jours, je me tape je ne sais trop combien de pages (mais trop, c'est sûr) d'un catalogue de produits pour un client, avec des montres, en veux-tu, en voilà.




Des jeux vidéos.



Des couettes.


Des ensembles de camping.



Des livres et des films - offerts juste en anglais. Mais faut quand même traduire la description.


Et là, je tombe par hasard sur un résumé qui évoque le « grand peut-être » de Rabelais.






(Désolée, je suis débordée, faut que j'y retourne).