mardi 27 mai 2014

19 - Sans rancune

Chère Madame qui ne veut pas être mon client,

Je n'ai aucun souci avec le fait que tu ne veuilles pas de mes services. J'aurais bien aimé que tu me dises oui, certes, ça aurait arrangé mes affaires, mais le monde est ce qu'il est. Tu ne sais pas ô combien je suis la meilleure traductrice au monde, mais plus de 99,99% de l'humanité étant dans ton cas, je ne peux décemment pas t'en vouloir.

Je n'ai pas grand souci avec le fait que ta réponse soit limite mal polie. Je t'avais envoyé un courriel non sollicité et je peux comprendre que ça te fasses suer, même avec la météo pourrie qui nous accable ces temps-ci. Ton courriel n'est certes pas un bon exemple à montrer à mes enfants, mais de toute façon, ils ne savent pas lire et ils ne comprennent pas l'anglais. Déjà que j'entends mon ainé dire « oh, me-de » en imitant son grand-père de son air tout choupi, alors tu penses bien que je ne vais pas lui apprendre à répondre aussi sèchement aux gens.

Non, là où j'ai vraiment un problème, c'est quand tu me dis de me renseigner sur ton entreprise avant de proposer mes services. Parce qu'objectivement, ton site est monolingue anglais, tu n'annonces nulle part tes services dans une autre langue, et il y a quand même tout lieu de penser que ton entreprise canadienne va vouloir étendre ses services au Québec. Alors soit tu es déjà en train de faire traduire ton site et tes produits, mais je te signale que je ne m'appelle pas Madame Irma (au cas où tu n'aurais pas lu ma signature), soit tu penses que les Québécois vont servilement adopter tes services en anglais. Mais alors là, laisse-moi te dire que tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu'à un endroit que ne nommerais pas par égard pour les yeux chastes qui nous lisent.

Dans tous les cas, ton arrogance me sidère, et, finalement, je suis bien heureuse que tu m'aies envoyer bouler.

vendredi 23 mai 2014

18 - Je ne suis pas une princesse

Mon chum, il est un peu sourd. Ou il est dans son monde et il n'écoute pas quand on lui parle, je ne sais pas trop. En tout cas, il me demande fréquemment de répéter ce que je lui dis. Et il insiste pour que je m'exécute, même quand je lui réponds que ça n'a strictement aucune importance.

C'est ainsi que, vu que je ne suis pas une princesse, il m'arrive d'éructer ou d'avoir des flatulences légèrement bruyantes. Mais comme mes parents m'ont bien éduquée, je m'excuse. Et là, c'est régulièrement le drame. Car si j'ai eu le malheur de parler plus fort que j'ai pété ou roté, mon chum me sort un « Qu'est -ce que tu as dit? », dont je sais que je n'aurai aucun moyen de me sortir élégamment.
Grmpf.




mardi 20 mai 2014

17 - Au creux de la vague

Je ne sais pas trop ce qui se passe, mais depuis que j'ai repris mes activités après la naissance de la petite Fleur, les projets sont très irréguliers. Tantôt on me demande 15 à 20 000 mots en une semaine (sachant qu'un traducteur traduit 2 000 à 2 500 mots par jour), tantôt c'est le calme plat de chez plat, comme ces derniers jours.

Je profite généralement de ces périodes creuses pour faire tout ce que je n'ai pas pu faire pendant les périodes débordées, comme faire la sieste me mettre à jour niveau facturation ou démarcher de nouveaux clients. Elles sont donc généralement bienvenues pour autant qu'elles ne durent pas.
Mais ces deux dernières semaines, j'ai eu le temps de voir l'avocat et le comptable pour finaliser les démarches d'incorporation, de peaufiner le site web de l'entreprise, de régler les questions de taxes avec le gouvernement et de poster toutes mes factures en retard, et c'est toujours plus que calme... Et les CV lancés par ci par là ne semblent pas mordre. Il faut dire que j'ai plusieurs collègues qui se plaignent du même ralenti.

L’avantage, quand même, c'est que la maison est propre, le linge lavé et rangé et mon congélo plein de bons petits plats mijotés. De quoi tenir la prochaine période de rush qui ne devrait pas tarder. Ahem...

mercredi 14 mai 2014

16 - Frère et soeur



Je n'ai jamais eu de frère. Enfin si, j'en ai un, mais j'avais 23 ans et lui 9 quand il est arrivé, donc nous n'avons jamais pu établir de rapports de proximité (enfin, y a pas que pour ça que nous n'avons pas pu être proches, mais passons...)

J'ai une grande sœur, de 2 ans et demi mon ainée, et une petite sœur, de 6 ans et demi ma cadette. J'entretiens de très bons rapports avec elles, je les aime beaucoup, c'est réciproque, on se pique des fous rires pas piqués des vers dès qu'on se retrouve, mais j'avoue ne pas trop me souvenir des rapports que nous avions dans la petite enfance (à part le tirage de cheveux et son fameux "même pas mal, même pas mal, même pas... je vais le dire à Maman!").

Mais nous étions trois filles. Je me demandais comment allait s'établir le rapport entre frère et sœur, qui me semblait moins évident. Je me trompais lourdement. Le Prophète a aimé sa petite sœur dès le premier jour. Ma petite Fleur voue, elle,  une admiration sans borne à son grand frère. Comme lui, elle fait rouler les voitures en faisant "vroum vroum". Comme lui, elle dessine. Elle le suit partout et adore aller jouer dans sa chambre à lui - ce qui a parfois le don d'énerver le Prophète, qui la trouve bien sûr un peu bébé....

Et puis, surtout, il y a ces moments de pur bonheur, quand il s'amuse avec elle et que les rires fusent, si plein de sincérité qu'on ne peut que se réjouir de cette grande complicité...

mercredi 7 mai 2014

15 - Pendant que je travaille...

... y en a deux qui se foulent pas trop.



(de toute façon, y a plus de fourmis à tuer, elles sont toutes mourrutes sous l'effet de la poudre de la mort qui tue).

jeudi 1 mai 2014

14 - Them!


Petite, je m'amusais à exterminer les fourmis dans le jardin de mes grands-parents. Les araignées de la chambre du bas aussi d'ailleurs. Je détestais ces bestioles.
Et puis, j'ai grandi. J'ai pris conscience que tous les êtres vivants ont leur utilité (oui, oui, même les poux et les morpions!), et j'ai cessé mes génocides gratuits.

Maintenant, lorsque j'ai le choix, je préfère toujours chasser l'animal dehors que de l'exécuter. Ça me coute parfois des efforts de reconduire les arachnides aux pattes velues répugnantes et généralement récalcitrants à rester sur la feuille de journal que j'ai nonchalamment saisie pour les évacuer, mais je m'y contrains.
Parfois, dans ma grande paresse, je fais appel au duo de la mort, Thémis la griffe et Aksaq crocs pointus, l'une tue, l'autre mange, ni vu ni connu et la mort de l'animal n'est pas perdue.

L'an passé, nous avions aperçu quelques fourmis dans notre cuisine, mais le problème semblait s'être réglé seul au bout d'une semaine. Malheureusement, c'est de nouveau le cas ce printemps. Nous en avons aperçu une petite dizaine il y a deux semaines, puis, après avoir fermé la prise extérieure, plus rien. Nous avons donc naïvement cru que nous avions coupé leur accès à la maison. Sauf qu'en me levant ce matin, j'en ai croisé 7, l’œil alerte et la patte vaillante, qui déambulaient entre mon salon et ma cuisine.

Le problème des fourmis, c'est que ce n'est pas spécialement facile à évacuer, c'est pire qu'une araignée, ça ne va vraiment jamais où on veut que ça aille et ça ne daigne certainement pas monter sur la feuille de papier journal qu'on leur tend charitablement. De toute façon, si tu relâches une fourmi en dehors de sa piste, il y a toutes les chances qu'elle ne retrouve pas son nid, alors autant confier la tâche au duo de choc sus-cité. Sauf que les deux compères ne collaborent pas toujours. Et là, c'est le drame. Car si mon conjoint n'est pas là pour faire le chasseur cromagnon protégeant sa famille des affreux prédateurs, je me vois contrainte d'écraser le pauvre animal et d’entendre sa carapace craquer sous le mouchoir que j'utilise.

Car dans notre malheur, nos visiteuses sont de grosses fourmis charpentières, qui ont de plus la mauvaise habitude de creuser le bois pour y établir leur nid. Et je les soupçonne de s'être installées sous notre toit - ce qui signifie qu'il va nous falloir agir de façon bien plus radicale que d'exécuter les quelques spécimens que nous croisons, avant que la charpente ne s'écroule sur nos têtes.

Demain, j'appelle un exterminateur.