jeudi 24 avril 2014

13 - Un petit coin de paradis


La semaine passée, le module de jeu (glissade, maman, glissade!) est enfin arrivé. Sauf qu'il est arrivé en pièces détachées, au grand désespoir du Prophète - et de ses parents.

Un joyeux manuel de 56 pages que je n'ai pas traduit nous promettait 8 à 10 heures de montage à deux, et je me suis demandée comment j'allais trouver tout ce temps pendant la fin de semaine pascale pluvieuse et pleine d'enfants...

J'ai pris les devants en triant la soixantaine de pièces de bois et la quincaillerie, de façon à ne plus avoir à réfléchir ou presque lors du montage. Heureusement, le parrain du Prophète, grand bricoleur devant l'éternel, nous a gentiment proposé son aide. Malheureusement, le Prophète aussi.
Finalement, il nous aura fallu quatre heures, malgré les moult dévissages inopportuns de boulons du Prophète, sous un soleil inespéré (j'ai même réussi à attraper de mini-coups de soleil, dis donc!).
Environ moitié moins de temps que prévu donc.
C'est ce qu'on appelle l'efficacité!

Y a deux oursons qui sont bien contents, et je ne parle pas de tous les copains qui viendront les visiter!

mercredi 16 avril 2014

12 - Mon pays, ce n'est pas un pays...


 Quelque part pas très loin du Pôle Nord, 16 avril 2014.

Cher Bonhomme Hiver,

Comment te dire ce que je ressens ce matin?

Certes, lorsque j'ai débarqué de l'avion à mon retour de Chypre (27°C fin octobre!) et que je t'ai vu arriver avec des températures négatives dès le mois de décembre, je n'étais pas ce qu'il y a de plus enthousiaste et on ne peut pas dire que je t'aie accueilli à bras ouverts.

Mais comme chaque année, la première bordée de neige a rempli mon cœur de joie. J'ai sorti les décorations de Nouwel, je suis allée acheter un Pimpayouel que j'ai joyeusement enguirlandé, le Prophète ne tenait plus en place, nous avons mangé du foie gras pour faire plaisir à mon homme, et les enfants ont été ensevelis par une avalanche de cadeaux.

À chaque bordée de neige suivante, je me suis réjouie d'avoir souscrit un abonnement auprès d'un déneigeur, parce qu'avec deux jeunes enfants, laisser mon homme passer une demi-journée à déblayer quand tu nous estourbissais de tes frasques, non merci. Je me réjouissais quand même de la m*** blanche que tu nous déversais par kilos, parce que c'était l'occasion de sortir le traineau, et que, hiver ou pas hiver, j'ai des oursons qui ne manquent jamais une occasion de s'amuser, et rien que pour ça, ça vaut le coup de se geler les miches un peu.

Là où tu as commencé à m'horripiler sérieusement, c'est avec tes températures polaires qui ont duré des mois et des mois. Non, mais c'est vrai, quoi. J'ai vécu un hiver à Kuujjuaq, tu sais, là haut, j'y ai même croisé les rennes du Père Nouwel, et tu n'avais pas fait aussi pire. Tu semblais vouloir t'installer durablement, et même après la date fatidique à laquelle on annonce généralement ton départ, tu nous gratifiais de températures dignes de mon congélateur.

Mais il y a deux semaines environ, tu nous as enfin donné de l'espoir. J'ai semé mes tomates et mon basilic (à l'intérieur, je ne suis pas folle), je regardais la neige fondre d'un œil averti, me demandant où j'allais installer mon jardin et le module de jeux des enfants. Enfin, j'ai vu le gazon, et le Prophète m'a rappelé qu'il était temps de monter le dit module. Je me suis dit que les enfants pourraient bientôt jouer dehors en rentrant le soir.

Il y a deux jours, le Prophète a même revêtu ses premiers shorts de l'année. Il est allé en trottinette à la garderie. Ma Fleur était heureuse, elle pouvait enfin évoluer plus librement que dans son manteau de neige qui lui donne des airs de bibendum.

Mais ce matin, tous mes espoirs se sont effondrés lorsque j'ai entrebâillé le rideau de ma fenêtre. J'ai vérifié la date deux fois sur mon calendrier. 16 avril. Ça fait presque un mois que tu aurais du céder ta place au printemps. Alors, par pitié, crisse ton tabarnak de camp, gros sale et qu'on te revoie plus jusqu'à l'année prochaine. Merci.

Très peu cordialement,

Nanouk, ourse polaire excédée.

mardi 15 avril 2014

11 - Parole, parole...



Je l'ai déjà évoqué dans un post précédent, ma petite Fleur commence déjà à parler.
Enfin, pour être honnête, je ne sais pas si on peut dire qu'elle parle vraiment, elle semble plutôt dans la transition entre le babillage et la parole...

La première fois que je l'ai entendue dire "tiens" en tendant un objet à son frère, elle devait avoir à peine 8 mois. Sa gardienne comme nous l'avons entendue dire "encore" peu de temps après. Mais rien de bien systématique. En fait, contrairement à son frère dont on voyait bien qu'il faisait un effort pour communiquer, elle sort un mot de temps en temps, l'air de rien, et puis on ne réentend plus le mot pendant quelque temps. Assez que je me demande si elle a vraiment compris qu'elle communiquait ou si elle sort ça juste par une forme d'automatisme inconscient.

Elle dit bien "maman maman" et "papapa" depuis qu'elle a six mois, mais ne nous appelle jamais - peut-être est-ce dû à son caractère particulièrement patient. Cependant, elle dit de plus en souvent "ta" (ça) quand elle veut quelque chose, "tiens" quand elle tend un objet ou "pain" quand elle en voit sur la table. Je commence quand même à trouver que cela prend des allures de parole, malgré son très jeune âge.
Et puis, quand elle agite ses petites mains et qu'elle chante "font, font... font, font...", il me semble qu'elle est bien consciente de ce qu'elle fait et qu'elle communique pour de vrai.

vendredi 4 avril 2014

10 - Comment laver trois fois ce qui n'avait pas besoin d'être lavé

Mon chum n'est pas vraiment doué pour les tâches ménagères.
Il n'aime pas cuisiner, c'est un maniaque du désordre (oui, y a des maniaques du désordre, j'en parlerai dans un autre billet), et il est un peu flemmard sur les bords quand il s'agit de ménage. Par contre, quand il le fait, il ne le fait pas à moitié - mais les résultats ne sont pas toujours probants...

Hier, le chien a eu la merveilleuse idée de s'échapper au sous-sol. Du coup, mon chum a décidé de nettoyer le tapis sur lequel il aime se coucher (le chien, pas le chum) « des fois que ». Mais comme faire une machine pour un seul tapis devait le chicotter un peu, il m'a demandé s'il pouvait prendre les torchons de la cuisine. Euh, non. (Tu ne veux pas laver ton linge avec les machins du chien, mais les torchons avec lesquels j’essuie la vaisselle dans laquelle tu manges, c'est ok?!).
Donc il a pris la serviette à mains de la salle de bain pour l'ajouter...

Sauf que:
1 - vu la taille de la serviette, ce n'est pas vraiment ça qui rentabilisait sa machine
2 - la serviette était propre de la veille, je l'y avais mise moi-même après qu'il avait enlevé l'ancienne pour combler un autre lavage...
3 - comme à son habitude, il n'avait pas mis de serviette propre, donc c'est au moment de m'essuyer les mains, que j'ai constaté, double sujet de ravissement, que la serviette n'était plus là parce qu'elle avait été lavée avec le tapis du chien
4 - le tapis (rouge) déteint

Je me suis donc retrouvée avec une serviette propre d'une couleur plus que douteuse - genre ça fait trois mois que je moisis dans un coin.
Que j'ai du faire tremper toute la nuit dans un mélange javellisé pour qu'elle retrouve l'allure d'une serviette fréquentable puis relaver pour qu'elle retrouve une odeur fréquentable.

Pour la rentabilisation du lavage, on repassera.