mardi 23 décembre 2014

45 - Déceptions langagières

Depuis que je suis toute petite, j'accorde beaucoup d'importance à la parole. Même quand elle n'est pas formellement donnée ni présentée comme sérieuse.
Par exemple, si mon fils casse quelque chose que je pense pouvoir réparer, je lui dis toujours que je vais tenter de le réparer - et non pas que je vais le réparer, des fois que j'échoue - et je tente effectivement de le réparer, le plus rapidement possible compte tenu de mes autres contraintes. Il me semblerait inconcevable de lui dire que je vais faire quelque chose et de ne pas le faire.
Pareillement, j'ai le plus grand mal à mentir. C'est l'une des raisons pour lesquelles je ne fais pas croire au Père Noël à mes enfants. De fait, je mens par omission, puisque j'évite tout simplement d'en parler, et que je ne dis rien quand son éducatrice ou les autres enfants en parlent - tout simplement, parce que, même si je ne veux pas leur mentir, je ne veux pas non plus qu'ils soient les petits malins qui font la leçon aux autres en leur disant que le Père Noël n'existe pas... Je passe donc le vieux bonhomme sous silence.
Malheureusement pour moi, j'ai tendance à penser que les gens sont comme moi et accordent autant d'importance à ce qu'ils disent.
Je me suis quand même habituée à ce quand mon conjoint dit, par exemple, «je vais faire une machine», ça ne veuille finalement dire que «il y a du lavage à faire» - c'est donc moi qui finis par m'en occuper dans le 3/4 des cas, puisqu'il a une sérieuse tendance à procrastiner et à oublier quand il s'agit des tâches ménagères. Au début, je pestais intérieurement contre ce que je considérais comme un manque de respect de sa parole. Maintenant, je ne lui en veux plus, même si je trouve tannant qu'il fasse semblant de vouloir se charger de quelque chose qu'il n'a pas probablement pas vraiment l'intention de faire...
Par contre, avec les autres, j'ai encore beaucoup de misère. Et je vis horriblement mal la parole donnée «en l'air». Et j'ai beau me répéter que les gens ne sont pas comme moi, que la plupart du temps, ils parlent sans réellement penser ce qu'ils disent, il suffit que je me rende compte qu'ils ont «menti» pour en éprouver une vive déception.
Le pire est sans doute que j'ai vraiment du mal à me dire que ce n'est pas grave, que les gens sont comme ça, que c'est moi qui suis une exception. Et pour peu que ce que les gens ont dit ait la moindre importance à mes yeux, le sentiment de déception, voire de trahison, devient vite accablant et je ne sais pas quoi faire pour réduire ma peine pour des choses qui semblent sans doute bénignes aux yeux du reste de l'humanité...

lundi 15 décembre 2014

44 - Lights, motor, action!

Ce mois-ci, le thème de la photo, décor de film, choisi par Alexinparis, ne m'inspirait guère, je l'avoue. Pourtant, j'aime le cinéma, et j'ai une certaine propension à tout transformer en décor possible de film de Tarkovski. Je vois facilement le potentiel poétique d'un pan de mur, d'une vieille station de métro abandonnée ou d'un paysage d'automne. Par contre, le traduire en photo, je ne sais pas. J'aurais aimé avoir le talent de traduire une pensée par un cliché, mais je manque considérablement d'entrainement - et d'un bon appareil, il faut bien le dire.

Je me suis néanmoins repenchée, une fois de plus, dans mes photos du Grand Nord. En avais-je qui étaient susceptibles d'évoquer les grands espaces qui siéent si bien aux road movies à l'américaine, tout en respectant l'étrange atmosphère de ces paysages si spéciaux? Et je suis retombée sur celle-ci. Quoi de mieux qu'un road movie qui se terminerait, justement, là où la route elle-même se termine?


The end (of the road).

 Et les autres, quel cinéma nous font-ils?

A'icha, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexinparis, Amy, Anne, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Blue Edel, Brindille, Calamonique, Cara, Champagne, Chat bleu, Chloé, Christophe, Cocazzz, Crearine, Cricriyom from Paris, Cécile Atch'oum, Céline in Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Destination Montréal, Dr. CaSo, E, El Padawan, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, Homeos-tasie, Isa de fromSide2Side, Isa ToutSimplement, Isaquarel, Josette, Julia, Kantu, Kenza, KK-huète En Bretannie, Krn, La Dum, La Fille de l'Air, La Nantaise à Paris, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Laurie, Lavandine, Lavandine83, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Loulou, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mahlyn, Mamysoren, Maria Graphia, Marie, Marion, Marmotte, MauriceMonAmour, Memories from anywhere, Milla la galerie, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, MyLittleRoad, Nanouk, Nicky, Philae, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Salon de Thé, Sandrine, Sylvie, Tambour Major, Tataflo, Testinaute, Thalie, Tofashionandbeyond, Tuxana, Utopique-Lily, Vanilla, Voyager en photo, Wolverine, Woocares, Xoliv', Yoppappop, Yvette la Chouette, Zaza.

vendredi 12 décembre 2014

43 - c'est Noel, c'est Noel!

Quand j'étais petite, j'aimais bien Nouwel, parce que ça rimait avec cadeau. Puis l'adolescence est passée par là, et j'ai tout de suite trouvé ça carrément ringard. Heureusement que mes sœurs et moi en profitions pour délirer, ce sont quand même de bons souvenirs.
Une fois adulte, autant être honnête, Nouwel ne me faisait pas plus d'effet qu'une couverture en plein été, surtout que mon homme vient d'une famille où la principale tradition semble être de se disputer pendant le repas du réveillon...
Mais depuis la naissance du Prophète, je me plais à renouer avec l'esprit de Nouwel. J'achète donc des calendriers de l'avent et un arbre que nous décorons en famille (Fleur y a mis sa contribution pour la première fois, le Prophète étant quant à lui un vieil expert), je pends une guirlande autour de l'énorme fenêtre de notre salon et j'essaye chaque année d'enrichir un peu ma collection de décorations - jusqu'au jour ultime où j'atteindrai le rêve final: le petit train électrique tout décoré pour la saison. J'en rêve si je veux!
J'aime aussi magasiner pour la famille, choisir de beaux cadeaux pour mes oursons sur les listes maman-zone que nous échangeons avec mes sœurs pour l'occasion, imaginer les têtes amusées de tout ce beau monde lorsqu'ils déballeront leurs cadeaux.
Cette année, j'avoue que la période est un peu plus dure que d'habitude : je me traine une grosse bedaine qui me handicape un peu, mon homme est relativement absent et se fiche de toute façon de Noël, et comme nous n'avons pas de 2e voiture, je ne peux guère aller faire les magasins. Ajoutez mes propres frustrations dues à la grossesse et à toutes les contraintes culinaires qui l'accompagnent (je me demande bien ce qu'on va manger le 25!), et je ne suis qu'à moitié dedans...
Le Prophète lui, en revanche, est à fond: il allume l'arbre et la guirlande tous les matins et ne rate jamais l'occasion de réclamer son chocolat après souper. Il attend avec impatience ses cadeaux. Quant à Fleur, elle ne comprend pas encore ce qui se passe - elle n'avait que 6-7 mois lors de son premier Noël - mais, fidèle à son habitude, copie l'enthousiasme de son frère.
J'ai bien hâte de la voir le matin du 25, tiens, quand elle comprendra à quoi rime toute cette attente! Je me souviens encore de la tête du Prophète à son premier Noël et de ses rands yeux étonnés quand il a découvert la pile de cadeaux qui l'attendait...

lundi 24 novembre 2014

42 - Le choix du prénom

À chaque grossesse se pose le problème du prénom.

Le problème du nom, nous l'avions résolu dès le départ : chéri voulait que les enfants portent son nom de famille, et comme nos deux noms ne vont pas spécialement bien ensemble, nous avons donc tranché : ce serait le nom de chéri tout seul. De toute façon, je n'aime pas spécialement mon nom de famille, et il est relativement courant, le nom de chéri est plus original sans être non plus à tirer par les cheveux, donc l'un dans l'autre, ce n'est pas plus mal.

Par contre, pour les prénoms, c'est devenu tout de suite beaucoup plus compliqué : chéri ayant un nom grec, nous voulions si possible un prénom grec, ou à tout le moins qui se dise bien en grec, en français, en anglais et dans diverses autres langues, parce que nos enfants, ne serait-ce que par leurs multiples origines, sont des citoyens du monde, et qu'ils céderont peut-être aussi à la tentation de l'expatriation plus tard.
Nous voulions également des prénoms courts, afin d'éviter les surnoms plus ou moins ridicules.
Enfin, nous voulions des prénoms relativement rares, parce qu'être le 2e Leo ou la 3e Emma de sa classe, ce n'est pas franchement le fun.
Mais nous voulions également des prénoms que le Québécois moyen soit à même de retenir, donc pas totalement inconnus ou folkloriques.

Pour le premier, le choix, bizarrement, a été assez vite fait. Nous ne savions pas encore que c'était un garçon que nous étions déjà d'accord, tant et si bien qu'on ne sait plus lequel de nous deux l'a suggéré. Heureusement que ce n'était pas une fille, car nous séchions totalement. C'est un beau prénom, d'origine juive, rare en français, mais relativement courant en grec, et surtout dans les pays hispanophones et germanophones. En plus, il va comme un gant au Prophète.

Pour le deuxième, le choix a été plus dur. Nous savions que c'était une fille, et nous séchions toujours autant. Finalement, après un triturage de cerveau intensif, j'ai suggéré un prénom qui me semblait répondre à nos critères, mais sur lequel j'avais un doute, parce qu'il est un peu particulier. Mais son père aimait bien. C'est un prénom mythologique, qui évoque l'arc-en-ciel - ou une fleur, selon la culture des gens - ou encore une partie de l’œil (c'est ce qui me faisait le plus douter), mais finalement, les gens pensent d'abord à la fleur. Au final, il va tellement bien à ma fille que je ne regrette absolument pas notre choix.

Pour le troisième, autant dire qu'on ne s'est pas facilité la tâche en ne demandant pas le sexe du bébé. Nous nous torturons l'esprit, car si nous avions bien un 2e prénom de garçon au cas où Fleur n'aurait pas été une fille, il ressemble beaucoup trop à celui de Fleur pour que nous l'utilisions.
Finalement, pour une fille, nous pensons avoir trouvé. Ce sera un prénom russe d'origine greco-persane, mais également japonais, qui évoque tantôt un titre de noblesse, tantôt la luminosité, selon les origines qu'on lui prête.
Pour un garçon, nous hésitons encore. Pour l'instant, le choix semble se diriger vers le nom d'un grand empereur romain ou juste sa seconde partie...
Heureusement, il nous reste encore un mois et des poussières pour trancher!

samedi 15 novembre 2014

41 - La vie en rose

Ce mois-ci, le thème proposé par Arwen, est la vie en rose. J'avoue que j'ai tout de suite su ce que j'allais poster!

*****

Lorsque je suis tombée enceinte du Prophète, je voulais un garçon. D'abord parce que j'ai grandi avec deux sœurs et pas de frère, mais aussi parce que je savais à quel point le lien mère-fils peut être fort et que je voulais me faire ce petit plaisir égoïste. Et le Prophète est bien le fils à sa maman, parfois même un peu trop à mon goût. Mais rien ne remplace nos matins, lorsqu'une fois son père levé, il vient se glisser sous ma couette et me faire de gros câlins pour m'encourager à bouger mon gros popotin de feignasse me lever à mon tour.

Pour ma deuxième grossesse, je souhaitais une fille, et Fleur est venue combler mes attentes. Et pour être honnête, je ne m'attendais pas du tout à la relation que j'ai avec elle. Contrairement à son frère, c'est un être délicat et doux (même si elle commence à affirmer son petit caractère, on est loin des crises de colère et de l'opposition compulsive que son frère nous fait encore subir), tout en tendresse. C'est également une petite fille hyper féminine (je me demande d'où elle a pris ça), très affectueuse, drôle et éveillée pour son âge.
C'est bien simple, je crois qu'il est impossible de ne pas l'aimer!
Bref, je ne peux plus penser à l'expression « la vie en rose » sans y associer ma petite Fleur, véritable source de bonheur (ça tombe bien, c'est ce que signifie son deuxième prénom).


Une petite Fleur qui avance d'un pas tranquille mais résolu,
prête à séduire la terre entière.

Et comment les autres voient-ils la vie en rose?

A'icha, Agathe, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexinparis, Angélique, Ann, Anne, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Blue Edel, Brindille, Calamonique, Cara, CetO, Champagne, Chat bleu, Chloé, Christophe, Cocazzz, Crearine, Cricriyom from Paris, Cécile - Une quadra, Cécile Atch'oum, Céline in Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Destination Montréal, Dr. CaSo, E, El Padawan, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, hibiscus, Homeos-tasie, Isa de fromSide2Side, Isa ToutSimplement, Isaquarel, Josette, Josiane, Julia, Kenza, KK-huète En Bretannie, Krn, La Dum, La Fille de l'Air, La Nantaise à Paris, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Laurie, Lavandine, Lavandine83, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Louisianne, Loulou, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mahlyn, Mamysoren, Maria Graphia, Marie, Marion, Marmotte, MauriceMonAmour, Memories from anywhere, Milla la galerie, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Philae, Photo Tuto, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sailortoshyo, Salon de Thé, Sandrine, Sylvie, Tambour Major, Tataflo, Testinaute, Thalie, Tuxana, Vanilla, Voyager en photo, Woocares, Xoliv', Yvette la Chouette.

mardi 4 novembre 2014

40 - Cuisinier en herbe

Hier soir, le Prophète m'a prise de court : « maman, je peux t'aider à cuisiner? »
Hum, ben sûr, mon coco, faut juste que je trouve quoi, parce que franchement faire bouillir l'eau des pâtes ou réchauffer la sauce, c'est pas passionnant dans tes capacités. Un gâteau, du pain, ou je ne sais quel mélange à base de farine, c'est exclu par mon régime. Et couper les légumes en petits morceaux pour les faire cuire, c'est beaucoup trop dangereux.

Bref, après 30 secondes de réflexion, je me suis dit que j'allais lui montrer comment faire une vinaigrette. Ce qui lui a fait grand plaisir. Puis comme il était motivé, je lui ai coupé quelques légumes pour la salade (tomates, avocat, poivrons marinés) et je l'ai laissé mélanger et assaisonner.



Eh bien, pour un premier essai culinaire (presque) tout seul, ça n'était pas que beau, c'était fort bon!
Je crois que je vais exploiter les talents de mon fils plus souvent!

vendredi 24 octobre 2014

39 - Octobre rouge

Depuis longtemps, j'ai des rapports ambigus avec l'automne.
J'aime définitivement les couleurs de l'automne, mais la baisse de clarté a également une certaine propension à me plonger dans la mélancolie

Cette année, je dois dire qu'octobre aura été un mois particulièrement pénible et que la mélancolie, pour ne pas dire la tristesse ou même la déprime, aura souvent pris le dessus.
Le pire aura sans doute été l'annonce de mon diabète de grossesse. Dieu merci, pour l'instant la diète semble suffire à contrôler ma glycémie et je pourrai peut-être échapper aux piqures d’insuline. Mais que de gestion et de rendez-vous ce fichu diabète implique!
Ce qui m'enrage probablement le plus, c'est qu'avec les mêmes résultats (glycémie à jeun correcte, glycémie un poil élevée après une heure, de nouveau correcte après 2 heures), je n'avais pas été déclarée diabétique pour Fleur, mais que l'OMS a décidé de changer ses critères... histoire de pouvoir dire que l'épidémie augmente sans doute (leurs nouvelles normes doubleraient le nombre de femmes atteintes de diabète gestationnel. De 5 à 10%, on passerait de 15 à 20%).
Pourtant je n'ai eu aucune complication lors de ma 2e grossesse et Fleur, comme son grand frère, est née grande et mince (elle l'est toujours, malgré la quantité de bouffe qu'elle ingurgite!). Et j'ai comme dans l'idée qu'en laissant faire la nature, les chances auraient été bonnes que numéro 3 soit comme ses ainés et qu'une simple surveillance du poids du fœtus suffirait à calmer les inquiétudes des médecins (puisque c'est surtout cela qui les inquiète, semble-t-il).
Je dois cependant courber l'échine devant la sacro-sainte faculté de médecine et me mettre au régime. Je n'aurais pas été contre couper tous les sucres rapides (j'en mange peu de toute façon), mais le régime qu'on m'impose est pour le moins contraignant et restrictif, puisque je dois manger six fois par jour, surtout pas trop de glucides à la fois, des protéines à tous les repas (heureusement que j'aime le fromage...) et prendre ma glycémie au réveil et pile 1 heure après chaque repas principal... Comme si je n'avais pas assez de choses à gérer comme ça, tiens!
Le plus pénible, c'est sans doute la faim que j'éprouve si souvent et qui m'inquiète un peu: mon bébé reçoit-il bien tous les glucides dont il a besoin pour se développer? Heureusement que je suis en surpoids et qu'il pourra probablement piocher dans mes réserves, mais, pour le coup, je trouve que la paranoïa médicale est un peu abusive...
Anyway, je n'ai pas le choix, les docteurs auront toujours le dernier mot.
Mais j'avoue que je suis bien contente que ce soit ma dernière grossesse (enfin j'espère!) et que j'ai bien hâte de passer à novembre, puis à décembre, et enfin à janvier (si je vais jusque là), que tout cela soit terminé.

mercredi 15 octobre 2014

38 - Prendre l'air

Ce mois-ci, le thème, proposé par la fille de l'air est « Prendre l'air ».

Ça tombe bien, c'est exactement ce que nous avons fait pendant cette longue fin de semaine de l'Action de Grâce. Sur l'invitation d'amis, nous nous sommes rendus au Mont Sainte-Anne, pour admirer les belles couleurs de l'automne québécois par une belle journée ensoleillée...






Et les autres, quel air ont-ils pris?

Nicky, Aude, Gilsoub, Céline in Paris, Gizeh, Ava, Xoliv', Dame Skarlette, Loulou, Agrippine, Rythme Indigo, Renepaulhenry, Louisianne, Maria Graphia, Isa ToutSimplement, Arwen, Brindille, magda627, Cara, Tataflo, Angélique, Agathe, La Dum, Mimireliton, Yvette la Chouette, Annick, KK-huète En Bretannie, Cécile Atch'oum, Pilisi, Bestofava, Alban, Calamonique, La Flaneuse, Laurie, Krn, Autour de Cia, princesse Emalia, Marie, Eva INside-EXpat, Sylvie, Morgane Byloos Photography, Julia, Marmotte, Champagne, Milla la galerie, Photo Tuto, Chat bleu, Isaquarel, Les Filles du Web, Sandrine, E, Fanfan Raccoon, Alice Wonderland, Christophe, Tambour Major, CetO, Eurydice, Frédéric, Nanouk, Homeos-tasie, Elsa, A'icha, Josiane, Cricriyom from Paris, DelphineF, Vanilla, Laurent Nicolas, Salon de Thé, Estelle, Akaieric, Thalie, Memories from anywhere, El Padawan, Kenza, Lavandine83, Testinaute, La Fille de l'Air, François le Niçois, Tuxana, MauriceMonAmour, Destination Montréal, Zaza, Lyonelk, Agnès, Cocazzz, Blogoth67, Blue Edel, Les bonheurs d'Anne & Alex, Galinette, Giselle 43, Lau* des montagnes, BiGBuGS, Chloé, Mamysoren, MissCarole, Guillaume, Anne, Crearine, Philae, Laulinea, Pixeline, Alexinparis, Mahlyn, La Nantaise à Paris, Sephiraph, Lavandine

vendredi 26 septembre 2014

37 - Esprit de géométrie, esprit de finesse

Je devais avoir 16 ans quand j'ai découvert le texte de Pascal. Et j'ai tout de suite été frappé par une évidence: je suis clairement un esprit géométrique.

Mon monde est un monde structuré - et quand il ne l'est pas assez à mon goût, j'essaye de le structurer moi-même en y créant des règles. Je fonctionne par raisonnement et par démonstration. Je manque de talent pour émettre des jugements naturels et il m'est difficile d'appréhender une situation sans y chercher une logique sous-jacente.
Quand j'aborde une langue, par exemple, c'est sur la grammaire que je me base et j’estime qu'une fois la syntaxe comprise, je sais à peu près une langue (bon, pour le grec moderne, il va falloir revoir cet axiome, car si la grammaire ne m'est pas totalement étrangère, le lexique - et surtout sa prononciation moderne - sont à mille lieues du grec ancien, je suis donc incapable de comprendre ma belle famille chypriote).
Je ne supporte pas quand une discussion dérive de son cours logique. Si l'on parle d'un sujet, et surtout si c'est un sujet délicat, qu'on le décortique en long en large en travers, avant de passer à autre chose...

Quand je regarde mon Prophète de 3 ans, son talent pour les casse-tête, son goût des moteurs et sa volonté de comprendre comment tout fonctionne autour de lui, je me revois en lui. Devant une nouveauté, on le voit réfléchir, analyser, décomposer. Son monde aurait-il lui aussi besoin de structures?
Je ne serais d'ailleurs guère étonnée que mon Prophète soit bon en sciences plus tard, pour peu que l'on sache aiguiller sa curiosité.

Quant à ma Fleur, elle est tout à l'inverse. Elle est aussi intelligente que son frère, mais d'une intelligence différente. Contrairement à lui qui a besoin de décortiquer pour mieux saisir, elle a une compréhension globale et instinctive des choses. Bref, elle ne semble pas vraiment faire d'efforts pour comprendre, mais elle a la vue bonne, comme aurait dit Pascal. C'est une forme d'intelligence un peu nouvelle et mystérieuse pour moi, que je me plais à observer, sans cesser de me demander comment elle va évoluer.

Mais Dieu merci, qu'ils aient l'esprit de géométrique ou l'esprit de finesse, tous les deux semblent pour l'instant avoir l'esprit juste...



lundi 15 septembre 2014

36 - To be or not to be

Ceux qui ont eu la chance de voyager au Canada (ou aux États-Unis d'ailleurs) le savent: pratiquement chaque province (ou État) dispose de ses propres plaques d'immatriculation, généralement ornées d'un slogan plus ou moins mystérieux : du célèbre Je me souviens (que né sous le lys, je crois sous la rose) du Québec au Beautiful British Columbia / The Best Place on Earth de la Colombie Britannique, en passant par le poétique Land of Living Skies de la Saskatchewan, rares sont les provinces qui ont choisi de faire dans l'anonyme.

Pourtant, quand j'étais petite, le Nouveau-Brunswick arborait une sobre plaque rouge sur fond blanc, mentionnant seulement le nom de la province (dans les deux langues, quand même!).
Alors en 2008, ils ont décidé de changer cela, histoire de se fondre dans le décor. Pour abandonner l'idée deux ans plus tard.

On les comprend, le slogan laisse pour le moins... perplexe.


Et les autres, ont-ils choisi d'être?

A chaque jour sa photo, A'icha, Agathe, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Ann, Anne, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Blue Edel, Brindille, Cara, Cécile - Une quadra, Cécile Atch'oum, Céline in Paris, CetO, Champagne, Chat bleu, Christophe, Claire's Blog, Crearine, Cricriyom from Paris, Dame Skarlette, DelphineF, E, El Padawan, Elsa, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, hibiscus, Homeos-tasie, Isa de fromSide2Side, Isa ToutSimplement, Isaquarel, Josiane, Julia, KK-huète En Bretannie, Krn, La Berlinoise, La Dum, La Fille de l'Air, La Nantaise à Paris, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Laurie, Lavandine, Lavandine83, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, magda627, Mahlyn, Mamysoren, Maria Graphia, Marie, Marmotte, MauriceMonAmour, Milla la galerie, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Nie, Philae, Photo Tuto, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Salon de Thé, Sandrine, Sephiraph, Sylvie, Tataflo, Testinaute, Thalie, Tuxana, Vanilla, Xoliv', Yvette la Chouette, Zaza

mercredi 10 septembre 2014

35 - Prolongeons un peu les vacances

Et voilà, la rentrée est arrivée, et les choses reprennent leur cours habituel.

Bon, techniquement, voilà déjà deux semaines que j'ai repris, mais mes enfants n'ont recommencé la garderie - pour leur plus grand plaisir - que depuis lundi, puisque mes beaux-parents ne sont partis que vendredi soir.
Nous reprenons donc notre rythme normal petit à petit... Le soleil se fait moins chaud, le vent plus présent, les journées décroissent et certains érables commencent à rougir.
L'été - et les vacances - sont derrière nous.

Mais plus je travaille, plus mes clients m'énervent, plus mon métier me frustre et plus je me dis que j'ai hâte au prochain congé - qui devrait tomber aux alentours de début 2015, en pleine saison froide, horreur, peste, vinaigre!
Alors je me replonge dans mes photos de vacances en attendant le retour du beau temps.



 

lundi 25 août 2014

34 - Le bout du monde

Contrairement à ma sœur, je n'habite pas au bout du monde. Mais j'y suis allée en vacances.

Pas là où habite ma sœur, à vrai dire, mais juste en face. C'est amusant de constater que de chaque côté de la grande mare, à près de 4500 km de distance, deux endroits portent rigoureusement le même nom, en latin pour l'un, en micmac pour l'autre.

Nous avions loué avec mes beaux-parents un petit chalet de rondins isolé dans un boisé donnant directement sur le bord de mer. Autant dire que ce fut le pied intégral.

Les bélugas et les petits rorquals ont même été au rendez-vous, contrairement aux rorquals communs qui ont choisi de rester plus à l'est. Je suis heureuse, car le Prophète a vu avec bonheur ses baleines tant attendues, et même la petite Fleur a poussé des oh d'admiration en voyant le dos blanc des bélugas sortir de l'eau.

feu de bois sauvage au coucher de soleil

C'est sûr, il faudra remettre ça.

mercredi 20 août 2014

33 - Les correcteurs zélés

L'un des principaux problèmes de mon métier - outre la concurrence déloyale de G*** Translate, les tarifs à la baisse et l’esclavagisme galopant -, ce sont les correcteurs zélés.

On peut en dénombrer plusieurs types :

- le gars qui te fait un power trip et te compte comme faute tous ses changements stylistiques. Se reconnait généralement au fait qu'il t'explique par A + B que pendant quatre heures et durant quatre heures, c'est fondamentalement différent et que tu n'aurais pas dû écrire l'un pour l'autre. Et puis quoi encore?

- le gars qui n'est pas au courant qu'il y a eu une réforme de l'orthographe en 1990, et qui veut absolument que tu écrives reconnaître et week-end. Presque un quart de siècle plus tard, il serait peut-être temps de te mettre à la page, non?

- le gars qui n'est pas trop sûr de sa maitrise de la langue française et qui dès qu'il voit un mot qui ressemble à un anglicisme te dit de l'éviter, même quand ça n'en est objectivement pas. Se reconnait généralement au fait qu'il a banni performance ou alternative de son vocabulaire et qu'il voudrait donc que tu fasses pareil. Euh, mon coco, c'est que moi, je fais la différence, hein.

- le gars qui visiblement connait moins bien la grammaire française que toi et corrige de fausses fautes. Se reconnait au fait qu'il ne sait pas qu'on écrit prêt sans intérêts (avec un s, si, si, je vous assure) ou la terre tout entière. Bescherelle ou Grévisse, tu connais?

- et last, but not least, le gars du service des ventes du client final qui a fait un stage de plongée subaquatique au Fouquet's et qui s'imagine qu'il connait le français depuis. Se reconnait généralement par le fait qu'il refuse que tu utilises candidat, parce que candidat, c'est bien connu, ça s'applique uniquement dans les contextes de candidature à un emploi. No comment.

Avec des correcteurs comme ça, on n'est pas sortis du bois, tiens.

dimanche 17 août 2014

32 - 1247

C'est le nombre de kilomètres que j'ai parcourus ces dix derniers jours, et ce n'est pas fini, puisqu'après ma sœur, ce sont mes beaux-parents qui squattent.

En tout cas, entre biodome, zoo, aquaparc, camping, manèges, musée des trains et parc Safari, je connais des cousins qui ont eu un fun noir cet été! Le Prophète et la loute sont devenus inséparables jusque dans leurs disputes et la petite Fleur a bien apprécié cette cousine avec qui elle pouvait jouer tranquillement.
Vivement les prochaines vacances ensemble!


vendredi 15 août 2014

31 - Un sourire

Ce mois-ci, le thème de la photo du mois, choisi par Laurent Nicolas, est un sourire.
Je n'ai pas cherché de photo rigolote, et je ne crois pas avoir de photo du macaron Nudeln machen glücklich (celui-là en fait) que ma sœur m'avait offert il y a bien des années - car c'est bien la première idée qui m'est venue en tête en lisant le thème.
C'est donc tout naturellement que je publie une photo de ce qui me rend le plus heureuse ces derniers temps : la complicité de mes oursons.
Techniquement, cette photo représente donc trois sourires : celui du Prophète, celui de Fleur, et le mien.




Les autres contributions se trouvent ici:
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jeudi 31 juillet 2014

30 - La photo de truc sauvage

La photo de truc, ça se passe sur le blog de Dr Caso. Ce mois-ci, le thème était choisi par Cl@ude: photographiez-moi un truc sauvage.

J'ai hésité à prendre sauvage en son sens étymologique, "habitant de la forêt" et à envoyer une photo de ce genre là :

Intérieur d'une maison longue huronne, Wendake

Mais comme je n'en ai trouvé aucune dont la qualité me plaise, j'ai opté pour un bon souvenir de Kuujjuaq, la migration des caribous qui descendent vers le Sud à l'automne :

Horde de caribous

Cet été, j'espère prendre d'autres photos de sauvageries, puisque nous descendons quelques jours dans le Bas du Fleuve/Gaspésie, et que j'ai promis au Prophète d'aller voir les baleines - ce qu'il attend avec une impatience non dissimulée...

Les autres photos sont ici.

lundi 28 juillet 2014

29 - Le bonheur d'être mère

Quand j'étais petite, je voulais être maman. Et puis l'adolescence, Alien et les idées anticonformistes sont passées par là, et je n'ai plus voulu être mère.
Le temps passant, l'envie est lentement revenue, mais j'ai mis du temps à trouver un papa, et le papa n'était pas pressé, il m'a fallu attendre encore...

Et puis, juste en revenant du Nord, une bonne nouvelle est arrivée : j'étais enceinte d'un Prophète. Contrairement à beaucoup de femmes, je n'ai pas eu de relation fusionnelle avec ce petit être à venir. Il a toujours été quelqu'un d'autre, presque un intrus en moi. La grossesse était un mal nécessaire, je n'avais qu'une hâte, celle de le rencontrer.
Et puis, il est arrivé, petit être remuant plein de charme. J'ai rapidement compris à quel point être mère était un défi au quotidien, entre les contraintes pratiques et les défis de l'éducation. Mais j'ai découvert tout le plaisir qu'il y a à voir grandir un enfant et à découvrir sa personnalité au fur et à mesure qu'elle s'affirme.

Un an et demi plus tard, nous avons eu envie d'un deuxième bébé, et je suis tombée enceinte d'une petite Fleur. Ça tombait bien, nous avions envie d'une fille. Au plaisir de la voir grandir s'est ajouté le plaisir de voir cette belle relation frère-soeur* s'épanouir - car nous avons une chance inouïe : pour l'instant, ces deux là s'apprécient clairement (et adorent se tirer mutuellement la pipe, on n'est pas rendus).



Nous avons tellement de plaisir à les voir grandir, évoluer, s'affirmer que nous avons décidé de remettre ça. On verra ce que ça donne!

* Mon correcteur d'orthographe me propose de remplacer frère-soeur par souffre-douleur. Freud, au secours!

mercredi 23 juillet 2014

28 - Je m'ennuie du Nord


Je m'ennuie du Nord.
Je m'ennuie de ces terres arides et désolées où l'homme n'est pas le bienvenu.
Je m'ennuie des ces paysages granitiques écrasés par les grands glaciers, il y a des millénaires de cela, et où seules nos propres limites arrêtent le regard.
Je m'ennuie de l'eau cristalline. Il parait qu'à Pingualuit, on peut voir jusqu'à 37 m de profondeur.
Je m'ennuie de ces arbres rachitiques qui cèdent petit à petit à petit la place à la toundra. Au-delà de cette limite, votre forêt n'est plus viable.
Je m'ennuie des troupeaux de caribous qui traversent la toundra en automne.
Je m'ennuie du hurlement des chiens de traineau qui répondent aux loups.
Je m'ennuie des perdrix, des bernaches et des canards qui annoncent le retour du printemps de leur cri rauque.
Je m'ennuie du craquement de la glace sur la rivière qui précède la débâcle.
Je m'ennuie de cette nature sombre et sauvage, toujours un peu menaçante. Est-ce bien prudent de sortir du village sans un fusil?
Je m'ennuie des jours d'été, longs comme un jour sans pain. Le soleil se couche-t-il vraiment, ou se contente-t-il de faire un bond derrière la ligne d'horizon?
Je m'ennuie des aurores boréales, danse énigmatique des esprits dans la nuit claire.
Je m'ennuie de la lune, si ronde, si rousse et si grosse qu'on dirait qu'elle va nous tomber dessus. Peut-être qu'en grimpant la colline, là-bas, je pourrai la toucher du doigt.
Je m'ennuie de cette vie hors du temps, hors de la réalité, hors de tout.

jeudi 17 juillet 2014

27 - Le bonheur à moins de $5

Lorsque la petite Fleur est arrivée, il nous a fallu changer le Prophète de chambre. Pour le convaincre, j'avais acheté un énorme autocollant de l'homme-araignée que j'avais collé au mur de sa future chambre. À peine était-il rentré de la garderie qu'il ne voulait plus entendre parler de sa chambre de bébé...
La petite Fleur aime beaucoup la chambre de son frère. Et depuis quelque temps, elle ne manque jamais de nous pointer l'homme-araignée du doigt. Je me suis donc dit qu'il était temps de décorer sa chambre, et, comme nous sommes tombés cette semaine sur des autocollants en promotion, ma petite Fleur a désormais des Tigrou et des Winnie au dessus de son lit (Bourriquet est allé à son frère, puisque sa peluche fétiche est un Bourriquet).


Depuis, chaque fois qu'on la couche, chaque fois qu'on la réveille, la petite Fleur nous pointe ses autocollants du doigt en faisant ttttou-ttttou, ttttou-ttttou (son frère, c'est Bourriquet, elle, c'est Tigrou, qu'elle appelle toutou, donc).
Je crois que j'ai fait une heureuse!

mardi 15 juillet 2014

26 - Theatrum Mundi

Le thème de la photo du mois étant « une entrée », j'ai réfléchi longuement avant de choisir ma photo. J'ai hésité à vous montrer des inukshuk, ces sortes de balises inuit aux usages multiples, ou l'entrée d'un des magnifiques monuments romains qui m'ont tant ravie l'automne passé. Et puis, j'ai pris conscience que ce qui m'intéressait dans le thème, c'est surtout cette notion de passage, qui suscite immanquablement en moi une certaine mélancolie.

Je devais être en cinquième année de secondaire lorsque ma professeure d'anglais nous a demandé d'apprendre la fameux monologue de As you like it :

« All the world's a stage,
And all the men and women merely players.
They have their exits and their entrances,
And one man in his time plays many parts,
His acts being seven ages. (...) »

Depuis, ce texte me hante régulièrement, et parmi ses effets surprenants, il y a le fait qu'il m'est impossible de penser entrée sans penser sortie, comme si ces deux mots ne désignaient qu'une facette d'une seule et même chose: le passage, le commencement et la fin, l'alpha et l'oméga.



Une entrée pour une dernière sortie...
Tombeaux des rois, Paphos, Chypre.

Memories from anywhere, Anne, Christophe, Pixeline, Les bonheurs d'Anne & Alex, Filamots, La Fille de l'Air, Laurent Nicolas, Frédéric, Giselle 43, Calamonique, Annick, Mimireliton, Maria Graphia, La Berlinoise, The Singapore Miminews, Ann, Lucile et Rod, El Padawan, Lavandine83, Dr. CaSo, Crearine, hibiscus, Alexinparis, Renepaulhenry, A chaque jour sa photo, La Dum, Krn, Julia, Akaieric, Claire's Blog, Cynthia, Nicky, François le Niçois, Un jour, une vie, Tataflo, Homeos-tasie, Kantu, Cécile - Une quadra, Agnès, Nie, Blogoth67, Fanfan Raccoon, Laulinea, Lau* des montagnes, Dame Skarlette, Oscara, Galinette, Sylvie, Marie, Testinaute, Alice Wonderland, BiGBuGS, Sandrine, Laurie, Ava, DelphineF, Elsa, Blue Edel, Lyonelk, La Nantaise à Paris, Cricriyom from Paris, Mamysoren, Gilsoub, Isa ToutSimplement, Eurydice, princesse Emalia, Céline in Paris, Gizeh, Cécile Atch'oum, Xoliv', MauriceMonAmour, Isa de fromSide2Side, MissCarole, Isaquarel, Pilisi, Chat bleu, Lavandine, Cara, Chloé, eSlovénie, Rythme Indigo, Mahlyn, Tuxana, Louisianne, Aude, magda627, Les Filles du Web, A'icha, KK-huète En Bretannie, Marmotte, Champagne, Josiane, Thalie, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Arwen, Woocares, Alban, The Parisienne, Philae, Bestofava, Sephiraph, Guillaume

lundi 7 juillet 2014

25 - Mon fils, ce pragmatique

Dans ma grande intelligence, juste après répondu à mon conjoint que « mais nooon, y a pas de risque avec le taille-haie, il arrête de fonctionner dès qu'on lâche la poignée », j'ai réussi à confondre mon doigt avec la haie de cèdres et à m'entailler assez sérieusement l'index de la main gauche.
Comme je pissais le sang, je me suis précipitée dans la salle de bain pour nettoyer et panser la plaie. Heureusement, celle-ci est nette et peu profonde. Il me restera probablement une belle cicatrice comme souvenir, mais c'est tout.

Bref, mon principal souci est que je réagis très mal à la vue du sang : je me retrouve généralement au bord de la perte de connaissance, avec bouffée de chaleur et sueurs froides pour accompagner le malaise.
Mais comme le pansement était maculé de sang ce matin, j'ai tout de même décidé de re-nettoyer la plaie et de vérifier son état avant d'accompagner mes deux loulous à la garderie. Je me suis ensuite immobilisée devant l'air climatisé pour reprendre contenance avant de continuer à jouer les mères modèles, ce qui bien sûr m'a valu le questionnement de mon Prophète :
- Tu fais quoi?
- Je me rafraichis un peu, j'ai failli tomber dans les pommes.
- Mais Maman, n'a pas pommes ici.

(C'est amusant, car longtemps, quand j'entendais cette expression, je m'imaginais effectivement voir tomber quelqu'un dans un tas de pommes. Les chats ne font pas des chiens.).

mercredi 18 juin 2014

24 - De la politesse

J'ai toujours trouvé un peu difficile d'être polie. Je veux dire polie juste ce qu'il faut, ni trop ni trop peu.
J'ai souvent tendance à oublier de dire bonjour ou à m'excuser 126 fois pour un rien.

Cela m'a voulu quelques désagréments dans ma vie, parce que certaines personnes se sont senties visées par mon manque de politesse. J'ai beaucoup de mal à intégrer en quoi c'est si obligatoire de se dire bonjour dès le saut du lit - personnellement, avant mon premier café, je n'ai pas tellement envie de parler à qui que ce soit - ni pourquoi c'est si mal vu de changer d'avis sur son envie de manger des patates ou pas quand le plat traine devant votre nez depuis une éternité et que vous finissez par céder à son odeur alléchante. Je ne vois franchement pas où est l'agression là-dedans.

J'ai par ailleurs tendance à adopter un mode de communication assez franc et direct. De fait, je n'ai jamais su comment fleurir ma pensée. À l'école, mes dissertations ressemblaient à « Petit un, blabla n° 1. Petit deux, blabla n° 2... ». J'ai même trouvé le moyen de me faire dire par ma prof de maths d'être plus prolixe, ce n'est pas peu dire!
Bref, faire de jolies circonvolutions, ça n'a jamais été mon truc.

Cependant, j'ai pour principe d'essayer d'offrir le meilleur service à la clientèle possible - ce qui, je le sais, n'est guère compatible avec les deux traits de caractère sus-mentionnés. C'est donc un véritable casse-tête lorsque je dois rédiger un courriel un peu délicat pour un client. Par exemple, pour lui dire que je n'accepterai pas de travailler pour moins cher, parce que j'ai déjà assez de choses sur la planche et que, dans le fond, peu m'importe qu'il m'assigne son projet ou non.

La première version du courriel donne généralement quelque chose du genre :

Cher client,

T'es gentil, mais je suis déjà très occupée, je ne vois donc pas la nécessité de baisser mes tarifs pour accepter ton projet.

Cordialement,

Là, une petite voix me dit que ça peut être vu comme sec, fortement égocentrique et légèrement malpoli, voire menaçant pour la face positive de mon client. Je me repenche donc sur ma missive.


Cher client,

Désolée, mais je suis déjà très occupée, et c'est déjà une fleur que je te fais d'accepter ton projet, alors je ne vais pas baisser mes tarifs en plus (namého).

Cordialement,

Moue. Pas vraiment moins menaçant, me dit la petite voix.


Cher client,

Je suis sincèrement désolée, mais étant très occupée pour le moment, c'est déjà une faveur que je te fais d'accepter ton projet. Je ne suis donc pas d'accord pour baisser mes tarifs, dans la mesure où je prévois de faire des heures supplémentaires pour satisfaire ta demande. J'espère que tu comprendras.

Cordialement,

(oui je tutoie mes clients, car je leur parle anglais).
Je ne sais pas si c'est vraiment mieux, mais c'est le mieux que je puisse faire, en tout cas. Et s'il n'est pas content, la prochaine fois, je lui envoie la version un ou deux, tiens.

mardi 17 juin 2014

23 - Le vilain petit canard

Petite, j'adorais le vilain petit canard, parce que je ne sentais comme le héros du conte, différente et rejetée. J'espérais secrètement un jour connaître la revanche du cygne, et briller parmi les canards.
Malheureusement, la vie n'est pas un conte de fée et je crois que je suis restée un vilain petit canard, mais j'ai appris à vivre avec.

Je découvre aujourd'hui At seventeen, une magnifique chanson de Janis Ian, qui résonne en moi comme un souvenir de mon adolescence...

dimanche 8 juin 2014

22 - Le poids des mots


C'est en traduisant une passionnante description d'un ensemble de couteaux de cuisine, qui s'adresse tant au cuisinier débutant qu'au chevronné (j'ai du mal à y croire!), que je découvre que le terme bolster se traduit par mitre dans ce contexte particulier..

Et immédiatement, j'y peux rien, mais j'image un couteau avec ça:


(il s'agit en fait des espèces de protection de métal sur le manche, à la base de la lame et à l'extrémité, à la façon des Laguiole)